
David Bird du GRIL ( Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie
et en environnement aquatique ) a prononcé une conférence intitulée
« Formation 101 en limnologie des cyanobactéries ». Les
cyanobactéries en trop grand nombre créent les algues bleu-vert.
Pour se développer, ces algues ont besoin de phosphore, de soleil et
d’eau calme et chaude. En mourant, celles-ci dégagent des cyanotoxines
dont certaines (microcystines) sont dangereuses pour la santé. «
Chaque personne exporte aux lacs en Estrie la même quantité de
phosphore qu’un hectare de forêt ». Quoi faire contre les
cyanobactéries ? Réduire l’érosion, contrôler
les nutriments, protéger les bandes riveraines, éviter l’épandage
d’engrais solubles, mieux gérer les fossés et augmenter
l’espace vert. « Un lac est l’image de sa ligne de rivage
: plus c’est végétalisé, plus un lac est en santé
».
José Audet-Lecouffe de l’OEDD (Observatoire de l’environnement
et du développement durable de l’Université de Sherbrooke)
a prononcé une conférence intitulée « La détection
des cyanobactéries : comment évaluer le risque ». La couleur
bleu-verte de l’eau et la présence de « fleurs d’eau
» (chaînes filamenteuses) indiquent la présence d’algues
bleu-vert. La présence d’écume dénote une toxicité
importante. A partir de 0,03 mg/litre de phosphore, il y a risque de prolifération
élevé. La limites acceptable de cyanobactéries dans l’eau
est de 20,000 cellules par millilitre d’eau. Les analyses de l’eau
visent à dénombrer les microcystines LR (les plus dangereuses
pour la santé). Le MEDD doit obligatoirement valider les analyses.
Il y a un seul centre d’analyse au Québec, situé à
Sainte-Foy.
Sonia Boivin, de la DSP (Direction de la Santé publique de l’Estrie),
a prononcé une conférence intitulée « Les dangers
en cas de cyanobactéries ». Il y a environ 2,000 espèces
de cyanobactéries dont 40 produisent des toxines dangereuses pour la
santé : dermatotoxines (peau, dermatites), hépatotoxines (foie,
nausée, hépatite, cancer) et neurotoxines (système nerveux,
maux de tête, étourdissement, paralysie). Les effets sur la santé
apparaissent en dedans de 48 heures. Il n’y a pas de norme sur les cyanobactéries
au Québec seuls les critères de l’INSPQ (Institut national
de la santé publique du Québec). Chaque année il y a
décès de bovins à l’extérieur du Québec.
Au brésil en 1996, 131 personnes infectées, 76 décès.
En 2002, décès de chien infecté dans la Baie Missisquoi.
Lorsqu’il y a signalement de cyanobactéries : ne pas se baigner,
ne pas boire l’eau ou se laver avec, ne pas laisser les animaux en boire,
ne pas utiliser d’algicide (ce qui libère les cyanotoxines),
ne pas utiliser l’eau pour la piscine ou le potager, consommer le poisson
sans les viscères.
Jacques Audet, planificateur financier, a prononcé une conférence
intitulée « Impact des cyanobactéries sur les propriétés
riveraines ». Les effets sur la valeur seront ressentis à long
terme. « Vous êtes assis sur une mine d’or ! mais ce n’est
pas votre chalet au bord de l’eau la mine d’or, c’est votre
lac! ». Car sans un lac en santé, un chalet vaut peu.
Ensuite, les participants ont pu assister à des ateliers forts intéressants
tels que :
• L’entretien des fossés par la méthode du tier
inférieur (Jean Gagné, MTQ). Le grattage du fond seulement des
fossés empêche l’érosion, réduit le matériel
à transporter et diminue la température de l’eau qui se
retrouve dans les lacs ».
• Espèces herbacées à utiliser en renaturalisation
des berges par Isabelle Dupras, Pépinière Indigo à Ulverton.
• Cas vécu de cyanobactéries de l’Association pour
la protection du Lac Massawippi, par Michel Clairoux et Jacques Bernier. «
La force d’une association c’est la pression politique ».
• Exposition itinérante sur la truite mouchetée par Nathalie
Gobeil et Danièle Normandin.
• Offre de services pour la renaturalisation des rives et le suivi de
la qualité de l’eau par Justine Adam et Camille Rivard-Sirois).